Highlights - Jacques Attali - Histoire de la modernité, 126 passages tirés de mon Kindle
Published by Patrick Ostertag,

a fini de lire Histoire de la modernité de Jacques ATTALI et lui attribue 5 étoiles http://t.co/0afWsmGQQV
— Patrick Ostertag (@patrickostertag) January 1, 2014
Histoire de la modernité (French Edition) by Jacques ATTALI
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Voici les passages de cet ouvrage que j’ai lu avec intérêt… comme toujours avec Attali.
- nul ne peut garantir qu'aucune des valeurs auxquelles nous tenons et que nous considérons comme définitivement acquises (y compris la démocratie, la liberté individuelle ou les droits de l'homme) resteront des valeurs d'avenir.
- Les hommes espéraient, sans en être assurés, le retour du soleil chaque matin, de la pluie chaque automne, des premières pousses chaque printemps. Rien ne les inquiétait plus que le changement.
- Ce n'est plus la liberté ni la raison de l'individu qui l'emporte, mais celle de l'Église qui abrite, protège, en échange de la Foi et du service. Les seigneurs organisent le servage à leur profit et à celui de l'Église.
- Cette modernité tiendra, en Europe, plus de mille cinq cents ans.
- Le salariat voit le jour.
- en français, au début du siècle suivant, le XIXe, qu'apparaît pour la première fois le mot « modernité », sous la plume de Balzac.
- La modernisation, c'est donc l'acceptation comme projet d'avenir de la raison et de ce qui en découle : le progrès technique, l'innovation, la liberté individuelle, les droits de l'homme, le marché et la démocratie.
- Pour d'autres enfin, la modernité occidentale devra être dépassée par une forme d'éthique renouvelée, laïque ou religieuse, fondée sur l'altruisme, le refus de l'égoïsme, la prise en compte du long terme dans les choix. On pourrait la nommer, pour en rester au même vocabulaire, l'« altermodernité ».
- sont organisées autour de l'obsession de la préservation du même, de la répétition du cycle, de l'éternel retour, condition de leur survie et de leur stabilité.
- Le neuf, c'est la mort.
- Le déviant n'est plus considéré comme nécessairement dangereux. Mais comme acteur du progrès.
- L'alphabet, invention majeure, est la clé de voûte de cette première forme de modernité : il permet d'écrire plus vite, donc à plus de gens, et ainsi d'accumuler et de transmettre plus facilement un savoir, une histoire, des techniques.
- L'Être apparaît par la désobéissance.la liberté, c'est de sortir du cadre, d'être déviant.
- C'est le sens premier de ce désir de neuf : non pas changer pour changer, mais pour amasser, transformer, améliorer, dans l'intérêt de l'homme, le monde que Dieu a laissé imparfait en se retirant. Pour faire de la forêt un jardin.
- l'avenir de chaque être humain est potentiellement meilleur que son présent.
- Pour eux, toute idée doit à la fois être critiquée et soutenue : la liberté de penser et de s'exprimer est érigée en valeur absolue.
- Avec cette acceptation du nouveau, vient ainsi la mode, première forme visible du moderne, qui valorise le changement vestimentaire
- À Rome, transformation de la modernité de l’Être
- ils ajoutent au moins deux dimensions majeures à cette conception de la modernité : le centralisme et l’urbanisme.
- Pour leur confort, ils inventent des systèmes de voirie, des égouts, des aqueducs, des immeubles de huit étages, des piscines, des thermes, des chambres froides.
- On se méfie du nouveau. L'innovation se ralentit, des technologies majeures sont oubliées. Ainsi commence la modernité de la Foi.
- Les puissants portent encore des robes larges pour les deux sexes, mais aux formes désormais stables et dont la longueur ne varie que peu et lentement, n'exprimant qu'un anonymat austère et un refus de la richesse.
- Est modernus ce qui est « récent », avec une connotation neutre ou plutôt négative.
- seul homme de science a plus d'emprise sur le démon qu'un millier de dévots… »
- Mais, comme le christianisme, l'islam est une religion prosélyte, au fil de l'épée. Elle n'admet comme moderne que sa foi ; elle s'installe en moins d'un siècle du Maghreb à la Perse, de l'Ibérie à la Bactriane, et bien au-delà. Son projet d'avenir : une humanité entièrement musulmane. Son siège est à La Mecque, pendant de Rome. L'un et l'autre se disputent Jérusalem.
- L'argent supplante le troc, le salaire la corvée et le profit la rente.
- un entrepreneur, un marchand, un bourgeois. Il vit libre dans un burgh et il défend une conception innovante de la société, qui ne sera plus un groupe de clans ou de tribus, ni une hiérarchie de familles, ou de serfs soumis à des seigneurs, mais des hommes et des femmes, individus libres et rationnels, en association ou en compétition.
- Vers l'an 1000, le pape Gerbert d'Aurillac rapporte d'Espagne le zéro, invention indienne que les mathématiciens perses avaient eux-mêmes déjà fait connaître dans tout l'Empire musulman, dont Cordoue.
- La liberté des hommes est-elle compatible avec la toute-puissance de Dieu ?
- Il y faut du courage : le moindre blasphème pouvant entraîner la mort.
- peuple et l'Église, toujours supérieurs au pouvoir temporel, devraient donc en particulier être à même de renverser un tyran
- invente même, pour cela, un instrument terrible : l’Inquisition.
- retrouve des procédés perdus depuis Rome et dont l'Église se méfiait, tel le verre transparent.
- chevaliers, princes et bourgeois doivent se souvenir, explique-t-il, que sans les forgerons, menuisiers, laboureurs, ils mourraient de faim et de froid.
- le costume se différencie selon les sexes, la fonction et l'âge, et se modifie selon les moments.
- le vêtement satisfait un besoin d'information indispensable pour l'organisation sociale du groupe.
- Le mot « moderne » apparaît alors en français ; il signifie encore le présent tel que défini par l'Église, par opposition à « ancien » qui caractérise l’Antiquité.
- Bataille idéologique, bataille littéraire, bataille politique, qui va bientôt prendre un tour inattendu, pour aboutir à la victoire d'une nouvelle conception, qui ne sera ni celle de l'Être ni celle de la Foi, mais celle de la Raison
- L'Occident prend brutalement conscience de la relativité de ses mœurs et de ses institutions et s'ouvre à une tout autre conception de l'histoire de l'humanité. L'Église, elle, n'y voit que de nouveaux peuples à convertir
- More veut ainsi montrer qu'une politique sociale rationnelle et juste est possible. Que la future modernité ne sera pas que l'enrichissement des bourgeois, qu'elle pourrait servir l'intérêt de tous, qu'elle est compatible avec la justice sociale. Mais qu'il faut pour cela y interdire la propriété privée.
- S'enrichir, entreprendre, innover devient un signe de grâce divine. Chercher, comprendre, progresser, s'enrichir ne contredisent plus les ordres divins. C'est un immense changement.
- D'ailleurs, explique-t-il, si le Nouveau Monde avait été découvert par les Grecs ou les Romains, la situation n'aurait pas tourné au massacre des indigènes.
- Et l'architecture s'ouvre à des bâtiments plus vastes, aux grandes fenêtres, grâce à la redécouverte du verre transparent, perdu depuis les Étrusques.
- la manière légitime de s'habiller est celle qui permet de donner de soi une image en adéquation avec la réalité de l’être.
- Giordano Bruno, disciple de Nicolas de Cues, qui a osé imaginer l'existence des galaxies, remettre en cause la centralité de l’homme,
- Être propriétaire. Suivre la mode. Choisir librement son conjoint. Aussi et surtout : vivre plus longtemps et léguer ses biens à ses enfants et non plus à l’Église.
- Il veut « être chaste en ses pensées, honnête en ses paroles, vrai dans ses actions, patient dans l'adversité, miséricordieux à l'égard de ceux qui sont dans la nécessité, et enfin, combattant de la vérité, même si sa défense devait coûter la vie ». Toutes choses qui, dans la future modernité, celle du marchand, n'a pas de sens.
- C'est à ce moment que le mot « moderne » commence à changer de sens : il ne désigne plus seulement les tenants de l'Église (qui condamnent Galilée en 1633), mais aussi ceux qui pensent que l'avenir humain peut, grâce à la raison, être meilleur que son passé
- il précise ce que seront toutes les choses possibles que l'homme inventera : « Une jeunesse presque éternelle, la guérison de maladies réputées incurables, l'amélioration des capacités cérébrales, fabriquer de nouvelles espèces animales et produire de nouveaux aliments, etc. » Texte si prémonitoire ! Le monde futur est là, la modernité d'aujourd'hui est clairement annoncée : il s'agit pour l'homme de se rendre maître de l'univers, de mettre la nature à son service.
- explique au Roi qu'il est de son intérêt de montrer au peuple que l'avenir sera meilleur que le passé.
- Mais en l'arrachant au contrôle religieux : alors que dans la doctrine de l'Église, tout ce qui n'est pas autorisé est interdit, désormais, tout ce qui n'est pas interdit est autorisé.
- De ce texte sortira, un siècle plus tard, la Constitution américaine.
- Le premier d'entre eux, L'Esprit des lois de Montesquieu, pose clairement l’enjeu
- « Les deux tiers de l'espace que durent les monarchies sont remplis de monarques trop jeunes, trop vieux, trop infirmes, ou livrés à la débauche et à la volupté »
- progrès de l'économie est lié à l'émancipation de l'individu, à la dissolution des castes et à la naissance de la démocratie.
- ajoute que l'homme peut se changer en « bête de proie vorace ». Un gouvernement est donc nécessaire pour limiter les pouvoirs et sa nécessité constitue un « blâme décerné à la nature humaine ».
- Mais la confédération ne fonctionne pas : les États ne veulent pas la financer.
- Le projet de la modernité devient désormais la quête de la liberté, dans tous les domaines : les puissants veulent protéger leurs libertés ; les plus faibles veulent conquérir les leurs. Les uns et les autres sous le règne de la Raison.
- Au XIXe siècle en Occident, le marchand, le bourgeois, impose son idéologie : est moderne ce qui accroît sa liberté, ce qui produit des richesses pour lui, ce qui le fait avancer techniquement.
- Il en transfère le projet sur le bonheur de ses enfants.
- Les bases de la nouvelle modernité sont posées. Reste à inventer le mot.
- La modernité est clairement encore associée à la gauche ; et le romantisme se veut une de ses expressions
- L'artisan devient ouvrier ; certains marchands deviennent industriels. La division du travail s'accélère. L'usine devient signe de modernité.
- La photographie, apparue en 1826, bouleverse le regard sur la réalité et sur les œuvres d’art.
- « La vulgarité, la modernité de la douane et du passeport contrastaient avec l'orage, la porte gothique, le son du cor et le bruit du torrent. »
- Girardin crée La Presse, un quotidien qui va connaître un immense succès, révolutionner la presse, et la faire entrer dans la modernité, en se finançant par la publicité
- L'impressionnisme, premier « art moderne » ? L'invention en 1841 aux États-Unis du tube de peinture souple en métal (commercialisé en France en 1859) et du chevalet transportable permet aux artistes de travailler en plein air, de chercher l'inspiration dans les paysages et de s'intéresser aux sujets de leur époque, comme le permet déjà depuis vingt ans la photographie.
- « La civilisation consiste à effacer les traces du péché originel. »
- Tout semble possible, même pour la classe moyenne.
- Cette droite dénonce encore « le monde moderne ». Elle n'aime toujours pas le progrès, qui détruit, selon elle, la pratique religieuse ni l'argent, qui bouleverse l’éthique.
- En 1869, on construit ainsi la ville de Sapporo sur le modèle de New York, sans se souvenir qu'elle ressemble en fait à Kyoto, construite en 794 sur un plan similaire, lui-même fondé sur celui de Ch'ang-An, ancienne capitale de la Chine, vieille de trois mille ans.
- La dictature de la productivité, imposée peu à peu par la concurrence, dicte sa loi et modifie en permanence les conditions de travail dans les usines, dans le sens d'une rationalité souvent inhumaine.
- Une nouvelle dimension est alors associée à l'idée de modernité de la Raison : celle des loisirs. Être moderne, c'est être libre, et en particulier libre de l'usage de son temps.
- « La nouveauté de notre position philosophique, c'est une conviction inconnue à tous les siècles antérieurs : celle de ne pas posséder la vérité. »
- « J'ai tourné le dos aux gouvernants lorsque je vis ce qu'ils nomment à présent gouverner : trafic et marchandise du pouvoir – avec la canaille. »
- Il faut aussi, dit-il, en finir avec les journalistes, acteurs majeurs de cette évolution destructrice de la modernité occidentale : « la canaille écrivassière fruit de la liberté d'expression obtenue par la démocratie » et qui incarne la voix de la masse.
- Les démocraties s'effondrent chez tous les vaincus ; et même chez certains vainqueurs. Le socialisme s'installe en Russie. Le fascisme en Italie. Le national-socialisme tente sa chance en Allemagne.
- les centrales électriques à la place des cathédrales, les technocrates à la place des aristocrates.
- Marx pensait la modernité communiste comme le dépassement d'un capitalisme devenu mondial par une économie de l'abondance et de la gratuité, dans une démocratie préservant
- la liberté de la presse et l'indépendance de la justice.
- la raison peut conduire au pire.
- Les exigences industrielles de la Seconde Guerre mondiale, pour détruire puis pour reconstruire, provoquent le développement sans précédent de la société de consommation : automobile, équipement électro-ménager, ascenseur, radio et télévision définissent la modernité.
- Car la modernité de la Raison vise toujours à libérer du temps pour consommer : en 1951, la psychanalyste américaine Martha Wallenstein, dans son article « The Emergence of Fun Morality », démontre que se distraire, occupation jusque-là taboue ou mal vue, tend à devenir une quasi-obligation morale et que les frontières entre le travail et la distraction s’estompent.
- pour désigner un nouveau style, dont l'immeuble AT&T à New York en 1978, par Phillip C. Johnson
- Partout, on veut plus de liberté
- Elle se manifeste d'abord par la libération des mœurs, dont deux des sources inattendues sont l'autoradio et le tourne-disque portatif, qui permettent aux jeunes d'échapper à la présence des parents
- Les vêtements, la coupe de cheveux, les comportements se libèrent. Le festival de Woodstock, en août 1969, rassemblant plus de 500 000 jeunes, en constitue le paroxysme.
- « contemporain », substitut au « moderne »
- sont fondés sur l'unique préoccupation de l’immédiat.
- le livre de Herman Kahn (1967) sur les cent progrès techniques à venir d'ici l'an 2000 ou le Rapport du Club de Rome en 1972, « Halte à la croissance ? » qui, pour la première fois, remet en cause les vertus de la croissance.
- La tyrannie du neuf que la publicité impose au client s'insinue chez le lecteur, et l'électeur, avide de voir détruites les idoles du passé pour en consommer de nouvelles.
- Chacun s'invente un style propre
- à partir de 1989, avec la fin du système soviétique, le modèle occidental s'étend à la planète entière.
- Est moderne ce qui est conforme aux intérêts de la démocratie de marché, donc des droits de l'homme et de la femme. Est moderne une nation qui valorise l'entreprenariat et l'innovation. Est moderne ce qui reconnaît aux femmes des droits équivalents à ceux de tous les hommes. Et aux enfants du monde d'avoir accès aux mêmes jeux vidéo, aux mêmes maillots de sportifs que les enfants d’Occident.
- État efficace, rationnel, capable de lutter contre l'arbitraire, la corruption, la criminalité et de faire régner un État de droit.
- Une autre date de début du contemporain pourrait être 1964, celle de la production par l'artiste américain Andy Warhol des sérigraphies de facsimilés d'emballages de tampons à récurer (boîtes Brillo).
- comment juger de la qualité « artistique » d'objets et de pratiques dès lors qu'il n'existe plus de critères ni de normes auxquels se référer
- Qu'est-ce qui est de l'art ? Qu'est-ce qui est une œuvre ? Un événement est-il une œuvre ? Qui a le droit de nommer ? Les artistes eux-mêmes ? Les galeristes ? Les collectionneurs ? Les commissaires d'exposition ? Les États ? Les responsables des biennales ?
- Ailleurs, dans les pays émergents, on assiste aussi à une explosion de créativité. Les marchés de l'art de ces pays croissent au rythme de l'émergence des nouvelles fortunes. C'est le cas notamment en Chine, en Russie et au Brésil.
- « l'art contemporain contre l'art moderne ».
- Subversion et subvention.
- le président du salon, Jean Monneret dénonce l'influence de l'État dans le choix des œuvres reconnues comme « contemporaines ».
- Chacun voudra disposer des mêmes droits que les Occidentaux : travailler, choisir, voter, se marier, divorcer, apprendre, se soigner, se loger, se distraire, voyager, déménager.
- Puis le marché, en devenant mondial, prendra le pas sur la démocratie, qui restera locale. Le monde sera régi, dans le plus grand désordre, ce que j'ai ailleurs appelé l'« hyperempire ». Et il faudra parler, pour désigner ce projet d'avenir, d'« hypermodernité ».
- il sera hypermoderne de lire en numérique, de se distraire en numérique, de passer ses diplômes on line.
- Les mœurs, en apparence de plus en plus libres, seront en fait sous une étroite surveillance de réseaux envahissants.
- D'abord les montres remplaceront les mobiles et donneront des informations sur la santé de leurs porteurs. Puis adviendront des implants de surveillance et de soins à l'image du pacemaker et des organes artificiels.
- Accessoirement, la matrice artificielle résoudra un autre problème majeur qui freine l'évolution de l'humanité : la taille du cerveau, limitée par le mode de naissance. Si l'enfant naissait d'une matrice artificielle, la taille de son cerveau n'aurait plus de limite. Après le passage à la station verticale, qui a permis à l'humanité d'advenir, ce serait une autre évolution radicale, à laquelle tout ce qui se passe aujourd'hui nous prépare.
- l'humanité deviendra ainsi une juxtaposition d'artefacts narcissiques, déjà si bien décrit en 1932 dans Le Meilleur des mondes par Aldous Huxley.
- Les « hypernomades », nouvelle élite financière et culturelle, à la recherche de leur immortalité et de sensations toujours plus fortes, les financeront.
- elle consiste et consistera à nier la nécessité même de penser l’avenir.
- cette expansion de l'individualisme, cette tyrannie de l'instant exigera des moyens croissants de contrôles sociaux.
- La rétromodernité valorisera le mariage classique, la famille traditionnelle, le refus du risque et de l'innovation, la stabilité des contrats, la loyauté, la fidélité, la constance, sans pour autant se fonder sur des valeurs religieuses.
- on en reviendra à l'évolution vers l'hypermodernité, après cette parenthèse rétromoderne.
- Sera alors moderne ce qui permettra de retourner vers des valeurs identitaires et de fermer des frontières. D'abord culturelles ou linguistiques. Puis économiques, politiques et ethniques.
- On en viendra à remplacer la carte d'identité par une carte génétique, qui prétendra mesurer le degré de pureté génétique.
- Pour ces autorités islamiques, sera moderne ce qui combattra l'Occident, et tout ce qu'il a apporté, de la colonisation à la libération des mœurs, de la libération de la femme à la recréation de l'État d'Israël, incarnation paroxystique, selon eux, de la conception occidentale de la modernité.
- le naturaliste allemand Ernst Haeckel invente le mot « écologie » qu'il définit comme « la science de l'économie, des habitudes, du mode de vie, des rapports vitaux externes des organismes ».
- Aux États-Unis, la prise de conscience écologiste date du début des années 1960, avec le best-seller de la biologiste Rachel Carson (Silent Spring, 1962) qui alerte sur les dangers des pesticides.
- Pour les écologistes, l'automobile, l'avion, l'agriculture industrielle, la consommation de viande ne sont pas modernes.
- alors sera moderne de vivre de façon frugale, de ne pas consommer d'énergie, de ne pas gaspiller d'eau, d'être lent, de préférer la communication à distance que le voyage. L'écomodernité passera par des interdits : on proscrira l'usage de la voiture, de l'avion et la consommation de viande.
- est rationnel, selon eux, pour un marchand d'être altruiste afin de vendre ses produits.
- Chacun aura aussi intérêt à ce que les autres, en particulier les générations futures, soient bien soignés, pour ne pas être contagieux. Qu'ils ne soient pas pauvres, pour consommer les produits mis sur le marché. Qu'ils soient éduqués, pour participer à l'économie des réseaux. Qu'ils disposent des mêmes objets nomades, pour pouvoir échanger.
- On essaiera non plus de plaire à l'autre, mais de faire plaisir à l'autre, ce qui est totalement différent.
- On enseignera aux enfants l'empathie et non la concurrence.
- L'art, plus qu'aucune autre activité, aidera à nous convaincre de l'urgence. C'est sa grandeur et ce sera sa responsabilité, parce qu'il est à l'avant-garde de toutes les audaces.